Comme un besoin de parler de moi, de ma vie, comme un besoin de me confier... « Il était une fois » Non ça va pas... Comment commencer, par où ?! Besoin d'écrire pour confier mes pensées, à qui je ne sais déclarer, mais comment m'y prendre ? De plus, ou ais-je la tête ?! Si je commençais par me présenter, cela irais peut-être mieux, alors je vais le faire... Je ne suis qu'une banale adolescente, du moins je me vois encore comme tel, j'ai 17 ans, et me prénomme Laëtitia. Je hais plus de choses que je n'en n'aime. Il est plus simple de le dire ainsi. Beaucoup me voie comme une fille simple, ne se prenant pas la tête, toujours le sourire aux lèvres, gentille, sympathique, toujours là pour les autres, toujours à leur écoute, à leur donner de bons conseils qui souvent leur réussissent. Et pourtant... Je ne suis pas celle que je parais être, peu me connaissent vraiment, mais si l'on m'accordait un semblant d'attention, beaucoup seraient surpris. Pour la plupart je ne suis que celle qu'ils voient au jour le jour, leur offrant mes bons conseils comme mes avis ou mes projets, tout le monde se repose sur mes épaules, me laissant le lourd pois de la tâche, mais aucun d'eux n'aurait la bienveillance de creuser un peu mon être... Parcours d'une jeune fille renfermée sur elle-même, renfermant larmes, peines, et désaccord, mais n'exprimant rien de cela, laissant aux autres le choix de croire en une fausse personne. Je suis là, dans cette rue sombre, à marcher tête baisser, à airer plutôt, n'ayant pas de but précis, laissant mes pensées vagabonder à leur aise librement... Capuche de mon polo vissée sur la tête, cette dernière regardant mes pas, ne prêtant pas attention aux paysages ruraux défilant devant moi. Il m'arrive souvent de m'enfuir comme tel, la solitude étant plus un manque qu'un besoin. A default de faire bonne figure devant les autres, c'est quand je me retrouve seule que je me sens le plus en accord avec moi-même, c'est en étant seule que je me sens le mieux. Vous l'aurez compris, je me sens « la mal aimée », « l'incomprise » de ce monde... Souvent je m'efforce de penser aux plus malheureux que moi, mais enfoncé dans ma peine, je n'y parviens plus vraiment désormais... Egoïste me dirait vous... Oui je le suis ! Non je n'ai pas le moral de me battre, de me faire accepter tel que je suis, puis-ce que tel que je suis on ne m'accepte pas... Pas le moral non plus ! Plus l'envie de me faire passer pour qui je ne suis pas, ce soir je craque. Je laisse désormais mes larmes tant retenues, s'échapper, les laissant créer leur chemin sur mon visage. Je marche sans plus m'arrêter, plus l'envie de m'arrêter, envie de partir ! Partir loin... Partir loin de mes emmerdes, de mes embrouilles, m'échapper de ce monde qui visiblement n'est pas le miens. Maintenant autour de moi, des champs, un chemin, au bout, une foret, l'envie me prends, je trace à travers ce champs de blé s'étendant à perte de vue devant moi. Non je ne choisis pas ce chemin sur ma droite, comme un besoin de me cacher, comme un besoin de frauder, comme un besoin de désobéir à la loi, comme à toute autorité, comme un besoin de faire le contraire de tous ceux à quoi les gens pourraient s'attendre, comme un besoin de me différencier, comme un besoin de me défier... Pour une folle vous devez me prendre, mais de votre avis je me fiche complètement... Un ressentis de liberté me traverse l'esprit, un ressentis de bien être m'envahis tout d'un coup. Pommée, seule, au milieu de ce champs, je me laisse allé en arrière, me couchant sur ces épis de blé, me donnant l'impression d'un matelas moelleux, je laisse aller ma tête en arrière histoire d'admirer ce voile bleu, tâché de blanc par ci par la, venant recouvrir mon regard. Pour la première fois depuis longtemps, je me sens bien... Vous l'aurez compris, les journées ne sont pas encore trop courtes, mais cela ne saurait tarder, et tout ce mauvais temps de cette période scolaire, va refaire son apparition, comme ses idées et ses comportements anormaux, mais si souvent répétitifs, que tout le monde connait... Besoin d'en profiter, profité complètement, pour peut-être ne plus à avoir affronté cela, profité pour oublier tout ça...